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Une plante aux multiples noms Point besoin d'être un étymologiste distingué pour comprendre son nom le plus courant. La langue allemande reprend elle aussi l'allusion, avec des désignations comme Pissblume, Seichkraut, Bettpisser ou Seichkraut. Dent- de-lion, son autre nom, évoque sans doute ses feuilles dentées. La comparaison se retrouve dans d'autres langues romanes: dente di leone (italien), diente de león (espagnol) et dente-de-leão (portugais). Suivant les régions de la francophonie, le pissenlit décline encore de nombreux noms: laitue de chien, salade de taupe, couronne ou tête de moine, tête de moineau, cochet ou chopine. En Suisse alémanique également, le pissenlit porte de nombreux noms, parfois peu flatteurs: Chrottepösche, Söiblueme, Söitätsch ou Sunnewirbel. En Allemagne, il devient Pusteblume, Hundeblume, Butterblume, Kuhblume, Maiblume, Maistöckel, Milchscheck, Eierpetsch ou Backenzahn. |
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Une herbe cosmopolite Le pissenlit (Taraxacum) est une composée-chicoracée de la grande famille des composées (Asteracées), ne comptant pas loin de 500 espèces que seuls les spécialistes peuvent différencier. Le pissenlit commun (Taraxacum officinale) épanouit partout ses capitules jaune d'or: des pavés de la ville aux prés de haute montagne, en passant par les jardins, en Europe, Asie et Amérique du Nord. Mais il affectionne particulièrement les prairies au sol riche. Cependant, tout le monde n'apprécie pas les tapis dorés formés par les pissenlits dès le mois d'avril. Beaucoup le considèrent comme une mauvaise herbe à combattre; et lui livrent une lutte sans merci, et difficile, car ses racines verticales peuvent atteindre deux mètres, tandis que les fruits, les akènes, munis de petits parachutes de soies fines, se disséminent au moindre souffle. Si l'on souhaite limiter les pissenlits dans son jardin, il faut donc éliminer les fleurs fanées régulièrement, avant que le vent ne dissémine les graines. |
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Sauvage et amère, ou pâle et douce? Toute la plante du pissenlit est comestible: les feuilles et les boutons encore verts (mars/avril), les fleurs (dès avril) et les racines (toute l'année). Lorsque l'on veut récolter les jeunes pissenlits aux tendres feuilles, il faut absolument éviter les champs traités aux engrais ou aux pesticides, ou pacagés, et bien sûr, les bords de routes. Il faut ensuite soigneusement les laver. Les pissenlits du commerce sont généralement cultivés. Moins amers que leur cousin sauvage, ils présentent des feuilles en hampes verticales, peu dentées. De novembre à mars, on trouve dans le commerce du pissenlit qui a été blanchi (en pots, en lieu frais et sombre ou en pleine terre sous du plastique noir). Ce pissenlit est encore plus doux, avec une rosette de feuilles jaune clair. Parfois, on recouvre aussi les plants avec de la terre. Aux Pays-Bas, ce mode de culture a donné son nom à la salade de pissenlit: on la nomme molsla (salade de taupe). Quelqu'un avait dû remarquer que les taupinières sont généralement de bonnes adresses pour trouver des pissenlits blanchis, particulièrement tendres. |
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Cure de printemps idéale La légère amertume du pissenlit n'est pas du goût de tout le monde. C'est pourtant le secret de ses effets bénéfiques sur la santé. Son action sur la digestion, la lithiase biliaire et la diurèse - évoquée par son nom - en font le moyen idéal pour une cure dépurative au printemps. Pour cette dernière, il est recommandé de consommer du pissenlit une fois par jour, sous la forme de son choix, pendant quatre à six semaines. La plante est en outre riche en vitamine C, bêtacarotène, phosphore et fer. Texte: Daniela Rinderknecht |
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Seuls les ânes le boudent En France, le pissenlit est considéré comme un légume à salade des plus fins. Il y est surtout apprécié dans une salade de mesclun, mélange de plantes sauvages et cultivées, ou dans la traditionnelle salade aux lardons et aux croûtons à l'ail, garnie d'œufs durs ou de noix. A Lyon, cette salade est appelée salade de groin d'âne. L'origine de ce nom est inconnue, mais une chose est sûre: il faut être un âne pour bouder cette délicieuse spécialité! Le pissenlit se prête encore à d 'autres emplois: haché fin et mélangé à du séré, il est savoureux en tartines. Les feuilles, même grandes ou fanées, se cuisinent comme les épinards, ou s'ajoutent à une soupe ou une potée. Les boutons des fleurs encore verts peuvent être mis en saumure au vinaigre comme des câpres. Les abeilles aiment butiner les fleurs du pissenlit pour faire leur miel. Ces dernières se prêtent aussi à la fabrication de jus, de sirop, de confiture, de vin et même de bière. Autrefois, les racines séchées, torréfiées et moulues servaient de succédané de café. Recette: Salade de dent-de-lion au lard |
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Très tendance: vin et fromage au pissenlit Aujourd'hui, le pissenlit et d'autres plantes sauvages connaissent un grand engouement. De grands chefs comme Thuri Maag du Restaurant «Blumenau» à Lömmischwil SG, Georges Wenger au Noirmont JU et Meret Bissegger du «Ponte di Cavalli» à Cavigliano TI, ont redécouvert la petite herbe amère aux feuilles dentées. Ils lui accordent une place d'honneur sur leur carte. On retrouve aussi la plante dans des eaux minérales tendance, comme la «Himml», une nouvelle eau de table gazeuse, parfumée à la bergamotte et au pissenlit, produite par la Source de Gontenbad AI. Dans la région bernoise du Homberg, au dessus de Steffisburg, le Söibluemehof, tenu par la famille Berger, a placé toute sa production sous le signe du pissenlit. Avec la fleur jaune sont préparés du vin, de la liqueur, du fromage et bien d'autres produits. Suzanne et Samuel Berger ont reçu le prix Agro 2006 pour leur vin de pissenlit, le Söibluemetröpfli, élaboré à partir de fleurs de pissenlit récoltées à la main, sur des prairies naturelles. Ce vin doux à l'arôme caractéristique des prairies printanières de l'Oberland se déguste très frais à l'apéritif ou au dessert. Chaque année, près de 6500 bouteilles sont remplies. Le fromage au pissenlit (Söiblume-Chäs) est un fromage d'alpage au vin de pissenlit, élaboré sur le «Schynige Platte», à 1970m d'altitude! Les produits à base de pissenlit peuvent être achetés directement à la ferme, aux fromageries Homberg et Wagner à Hünibach, dans quelques magasins de la région ainsi que sur Internet: www.loewenzahnwein.ch. |
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Le best-seller actuel: «Les fines herbes» Vous trouverez davantage d'informations sur la cuisine aux aromates et aux herbes sauvages, et beaucoup de recettes créatives, dans le best-seller de Betty Bossi «Les fines herbes». |
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