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Cadeaux, budget et faux pas: comment la Suisse fête ses anniversaires

Nous avons interrogé plus de 2000 personnes en Suisse sur les rituels qui entourent leur anniversaire. Les résultats montrent que le temps passé ensemble compte plus que les cadeaux matériels – et qu’en cas de raté, c’est généralement la politesse qui l’emporte.

Les 5 résultats à retenir

  • Le plus beau cadeau, c’est le temps partagé!

    Une personne sur trois rêve avant tout d’une expérience ou d’un voyage à deux avec son ou sa partenaire. 15% des personnes interrogées ne souhaitent aucun cadeau.

  • Un cadeau qui déçoit finit souvent au fond d’un tiroir.

    41% des personnes sondées gardent le silence lorsqu’un cadeau ne leur plaît pas. Seuls 5% osent avouer franchement qu’il n’est pas à leur goût.

  • Un budget cadeau qui fait consensus.

    53% des personnes dépensent entre 30 et 80 francs pour un cadeau destiné à un·e ami·e. Seuls 6% des gens investissent plus de 150 francs.

  • Des anniversaires plus souvent oubliés qu’on ne le croit.

    62% des personnes ont déjà oublié l’anniversaire d’un·e proche ou s’en sont souvenues trop tard. Cela arrive régulièrement à presque une personne sur dix (8%).

  • Les femmes s’investissent davantage dans les cadeaux.

    22% des femmes estiment faire plus d’efforts que leur entourage pour gâter leurs proches, contre 13% des hommes. Ces derniers semblent, en revanche, mettre plus souvent la main à la poche.

L’anniversaire est un rituel qui revient chaque année avec son lot d’attentes, de conventions tacites ou de règles explicites, parfois aussi de gaffes et de déceptions. Combien sommes-nous prêt·e·s à dépenser? Qu’est-ce qui peut nous gâcher la journée? Sommes-nous honnêtes quand un cadeau ne nous plaît pas?

Cette année, à l’occasion du 70e anniversaire de Betty Bossi, nous avons voulu savoir comment la Suisse fêtait les anniversaires. Nous avons donc mené l’enquête auprès de plus de 2000 personnes pour découvrir quelles émotions elles associaient à ce rituel. Leurs réponses montrent qu’entre les cadeaux et les confettis, il peut y avoir quelques mauvaises surprises.

Cadeau ou pas? Nos vraies attentes

Pour un anniversaire, les cadeaux sont de mise, n’est-ce pas? Votre réponse dépendra sans doute de votre âge. Pas moins de 15% des personnes interrogées ne souhaitent plus du tout recevoir de cadeaux de la part de leur partenaire, et cette tendance s’accentue avec l’âge. Chez les plus de 65 ans, près d’une personne sur trois (29%) déclare ne plus vouloir de cadeaux, contre seulement 6% chez les 16-25 ans.

Pour le reste, les gens sont unanimes: le plus beau cadeau que puisse nous faire notre partenaire, c’est de passer du temps avec nous, que ce soit lors d’une expérience ou d’un voyage (33%). Une surprise soigneusement organisée séduit également 22% des gens. Les cadeaux classiques et impersonnels comme l’argent ou les bons d’achat (7%), ainsi que les objets matériels tels que les bijoux et les accessoires (4%) suscitent moins d’enthousiasme. Sauf chez les plus jeunes: chez eux, les cadeaux matériels sont nettement mieux accueillis (8%).

«Je ne veux rien»... mais pas vraiment

Cette petite phrase peut vous jouer des tours. 26% des personnes ont déjà déclaré ne rien vouloir pour leur anniversaire... et se sont retrouvées bien attristées que leur entourage les prenne au mot. Les femmes (30%) sont davantage concernées que les hommes (24%), et les jeunes sont beaucoup plus déçus (39% chez les 16-25 ans) que la génération de plus de 65 ans (12%). Attention donc aux paroles en l’air. Parfois, il vaut mieux dire franchement ce qu’on attend des autres.

Quand le cadeau tombe à côté

Que faire quand un cadeau ne nous plaît pas? Sur ce point, les Suisses restent fidèles à eux-mêmes: polis et discrets. En effet, 41% d’entre eux ne disent rien et laissent le cadeau disparaître dans un tiroir. Un quart des personnes (25%) se montre en revanche très pragmatique et l’échange discrètement ou l’offre à quelqu’un d’autre. Seuls 5% des gens osent avouer que le cadeau ne leur plaît pas. Chez les plus jeunes, la tactique du tiroir a la cote: 50% des 16-25 ans choisissent cette solution, contre seulement 31% des plus de 65 ans. Enfin, une personne sur dix garde le silence et cache sa déception.

Cadeaux: les faux pas à éviter

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre en matière de cadeaux? Trois réponses se partagent la première place avec 18% chacune, preuve que les avis divergent en Suisse. Pour certain·e·s, la pire maladresse est de lancer «Ce cadeau ne me ressemble pas du tout»; pour d’autres, c’est d’oublier d’enlever l’étiquette de prix. D’autres encore considèrent qu’en matière de cadeaux, rien n’est vraiment interdit. Autres impairs à éviter: le cadeau de toute évidence recyclé (17%) et juste derrière, le bon d’achat qui finit oublié au fond d’un tiroir (16%).

Un anniversaire vraiment « joyeux »?

Que ressent-on vraiment le jour de son anniversaire? Les réponses sont plutôt positives: 46% des personnes se sentent heureuses ou joyeuses, 40% reconnaissantes, 39% aimées et appréciées. Cette bonne humeur s’explique peut-être par une certaine décontraction. Quand on leur demande s’il est important que la journée se passe comme prévu, les personnes sondées donnent en moyenne la note de 3 sur 5. Ce n’est donc pas un drame si la journée n’est pas parfaite.

Le budget: qui dépense combien?

Parler d’argent n’est pas toujours facile. Pour les cadeaux destinés aux ami·e·s, une tendance nette se dessine pourtant: 53% des gens y consacrent entre 30 et 80 francs, et un cinquième (22%) débourse entre 80 et 150 francs. Seuls 6% vont au-delà de 150 francs, ce qui arrive plus souvent chez les hommes (9%) que chez les femmes (3%). Dans l’ensemble, les hommes dépensent en moyenne un peu plus que les femmes quand ils offrent un cadeau.

Reste une question: qui investit le plus de temps, d’argent et de créativité dans les cadeaux? Nous ou nos proches? Pour 36% des personnes interrogées, l’effort est réparti équitablement. Détail frappant: si les hommes semblent dépenser davantage, ils sont aussi plus nombreux à admettre que ce sont surtout les autres qui se donnent du mal (33%, contre 17% chez les femmes). Les femmes partagent d’ailleurs cet avis: 22% d’entre elles sont convaincues de s’investir davantage. Chez les hommes, seul un sur huit (13%) affirme la même chose.

Combien coûte un anniversaire?

L’argent joue un rôle non seulement dans le choix des cadeaux qu’on souhaite offrir, mais aussi dans l’organisation de la fête qu’on veut s’offrir. Près d’une personne sur quatre (24%) débourse moins de 100 francs, et une proportion similaire (23%) dépense entre 100 et 250 francs. Un cinquième des personnes interrogées a la chance de voir s’offrir sa fête d’anniversaire par quelqu’un d’autre. La plupart des gens ne sont pas très généreux avec eux-mêmes: seuls 2% investissent plus de 1000 francs dans leur propre fête. En revanche, quand on leur demande combien ils seraient prêts à dépenser, les Suisses se montrent plus dispendieux: 34% se déclarent prêts à dépenser entre 100 et 250 francs, ce qui est nettement supérieur à ce qu’ils et elles dépensent effectivement (23%). Visiblement, il est plus facile d’ouvrir son porte-monnaie en théorie qu’en pratique.

Se faire plaisir n’est pas un réflexe

On pourrait croire qu’un anniversaire est l’occasion idéale de se gâter. La majorité des Suisses n’est pourtant pas de cet avis: 54% des personnes ne s’offrent pas de cadeau. Quand cadeau il y a, il prend la forme d’une virée shopping (20%) ou d’un moment de bien-être et de détente (19%).

Ce qui peut gâcher le grand jour

Même avec une organisation millimétrée, rien n’est jamais garanti, et le jour J apporte parfois son lot de contrariétés. Pour 17% des personnes interrogées, le plus pénible est d’être au centre de l’attention. Réserve suisse oblige. Viennent ensuite deux grands classiques: les vœux de circonstance qui sonnent creux (15%) et la petite déprime liée au fait de prendre une année (13%). Heureusement, 15% des personnes sondées gardent le sourire: elles adorent leur anniversaire et rien ne peut le leur gâcher. Cette sérénité grandit avec l’âge: 31% des plus de 65 ans affirment que rien ne les agace le jour de leur anniversaire. Chez les 16-25 ans, ils ne sont que 8%. Cette tranche d’âge est donc sensible aux potentielles déconvenues

Oublis, ratés et gaffes: les petits faux pas d’anniversaire

Ce sentiment de culpabilité, près des deux tiers des gens le connaissent bien: 62% ont déjà oublié l’anniversaire d’un·e proche ou y ont pensé trop tard, et 8% admettent que cela leur arrive souvent. À noter: plus on est jeune, plus on oublie. Ainsi, 18% des 16-25 ans reconnaissent des oublis fréquents, contre à peine 3% des plus de 65 ans. Du reste, les hommes tendent à être légèrement plus distraits que les femmes (66% contre 59%). Reste un tiers d’élèves modèles (33%) qui n’oublient jamais une date et envoient leurs vœux au bon moment.

Et la pire gaffe? Oublier complètement de souhaiter l’anniversaire de quelqu’un (21%), juste devant le fait d’arriver à une fête sans savoir qu’il s’agit d’un anniversaire (20%). Souhaiter un anniversaire trop tôt ou trop tard met également mal à l’aise 18 % des sondé·e·s.

Alcool, dress code, addition: les trouble-fête

Pendant une fête d’anniversaire, il existe des limites à ne pas franchir. Pour 41% des personnes interrogées, l’abus d’alcool arrive en tête des «no-go». Suivent de près une nourriture insuffisante ou médiocre (30%) et le fait de devoir payer soi-même son repas, ses boissons ou son entrée (29%). Un code vestimentaire imposé ou une soirée à thème rebutent 25% des personnes sondées. Seuls 7% des gens affirment que rien ne peut leur gâcher la fête.

Les réseaux sociaux: la discrétion avant tout

Lors d’un anniversaire, beaucoup prennent en photo les plus beaux moments. Mais combien les partagent en ligne? La plupart des Suisses restent discrets sur les réseaux sociaux: 52% ne publient jamais rien sur leur propre anniversaire, qu’il s’agisse du gâteau, des cadeaux ou des marques d’attention reçues. Seuls 17% le font de temps en temps, et à peine 6% systématiquement. Cette retenue s’accentue avec l’âge: 60% des plus de 65 ans ne publient jamais rien, alors que 51% des 16-25 ans partagent, rarement ou régulièrement, des moments privés sur Internet. Pour la plupart des gens, un anniversaire reste donc une fête intime plutôt qu’un événement à mettre en scène.

Cadeaux et célébrations: des nuances selon les régions

En matière de budget et de cadeaux, il existe des différences régionales. En Suisse centrale, 21% des personnes interrogées ne souhaitent plus recevoir de cadeaux de la part de leur partenaire amoureux, contre seulement 9% dans la région lémanique.

Pour ce qui est du budget alloué à leur propre fête d’anniversaire, les personnes de la région lémanique se distinguent doublement. D’une part, 30% d’entre elles laissent à d’autres le soin d’organiser et de financer leur fête, contre 14% des gens au Tessin. D’autre part, les Tessinois se contentent plus volontiers d’un budget modeste: 54% dépensent moins de 250 francs, contre 38% dans la région lémanique. L’écart se retrouve pour les très petits budgets: dans la grande région du Plateau, 28% consacrent moins de 100 francs à leur fête, contre 18% seulement dans la région lémanique.

Les Tessinois, en revanche, ne lésinent pas quand il s’agit de se faire plaisir: 36% s’offrent un soin bien-être ou une parenthèse détente, contre seulement 14% en Suisse orientale. Ils sont aussi les plus sourcilleux sur l’étiquette de prix oubliée: une faute impardonnable pour 33 % d’entre eux, alors qu’elle ne dérange que 14 % des habitants du Plateau suisse.

Les régions linguistiques n’ont pas non plus la même vision des félicitations: les vœux passe-partout irritent 29% des Tessinois, soit deux fois plus de gens qu’en Suisse alémanique (14%).

Si les budgets et les goûts divergent, une chose met tout le monde d’accord: c’est l’intention qui compte, pas le prix. Et si le cadeau tombe à côté, la courtoisie helvétique prend le relais.

En résumé: des rituels plus ambigus qu’il n’y paraît

Pour fêter les anniversaires, les Suisses cultivent ce qui les caractérise: la retenue et la politesse.

Qu’il s’agisse d’un cadeau raté, d’un post sur Instagram ou du déroulement de la fête, les Suisses restent fidèles à leur tempérament: discrets et diplomates. Une sobriété qui se retrouve dans le budget, les envies dépassant souvent les sommes réellement dépensées. Finalement, l’anniversaire demeure un rituel plutôt intime, célébré entre la douce lumière des bougies et les petits couacs du jour J.

Méthodologie

En juin 2026, Betty Bossi a réalisé avec Innofact une enquête représentative sur les anniversaires en Suisse. Elle a interrogé 2000 internautes, hommes et femmes âgés de 16 à 79 ans, issus de Suisse alémanique, de Suisse romande et du Tessin. L’échantillon a été stratifié par canton et réparti en 24 régions économiques, de Genève (6%) jusqu’au Tessin (4%) en passant par Zurich (18%). Pour chaque région linguistique, l’échantillon a été réparti de manière égale entre les sexes (50% d’hommes et 50% de femmes). La répartition par âge reflétait la structure démographique suisse: 16-25 ans (12%), 26-35 ans (18%), 36-45 ans (19%), 46-55 ans (22%), 56-65 ans (16%) et 66-79 ans (12%). L’enquête comprenait au total 33 questions réparties en six blocs thématiques: votre dernier anniversaire (8 questions), votre anniversaire idéal (7 questions), émotions et rituels (6 questions), sujets délicats (3 questions), cadeaux (5 questions) et anniversaire d’enfant (4 questions).

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